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Captain America : Civil War – La critique


Adaptation de l’acclamé Civil War de chez Marvel et transportant quelques millions de promesses, la troisième aventure de Captain America se devait d’apporter une conclusion satisfaisante à la trilogie du super soldat mais aussi d’équilibrer l’histoire avec une confrontation extraordinaire faisant intervenir plus de personnages qu’un film Avengers. Autant dire que ce n’est pas une réussite.

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Le corps

56d4dde3223cfPour tout dire, l’aspect technique du film n’est pas un défaut en soi, les frères Russo livrent un travail soigné et souvent nerveux, la maîtrise de la caméra est dans ce sens sans grands reproches. Une réalisation qui sert l’histoire et la magnifie de façon cohérente. C’est principalement le montage trop serré et surtout les effets visuels qui portent à confusion. Avec un budget de plus de 170 millions de dollars et une excellente réputation dans le domaine, Marvel Studios déçoit de part ses fonds verts accentués par une CGI de second niveau. Certaines incrustations, Iron Man et Spider-Man en tête, donnent souvent l’impression de voir un travail d’amateur.

captain-america-civil-war-martin-freeman-951934Heureusement pour le film, ces défauts ne sont présents que dans une scène, peut-être la plus importante : celle de l’aéroport vue dans les trailers. Sur le papier, tout comme en vrai, cette scène vend du rêve à profusion et n’a aucune gêne à se présenter comme le point d’orgue du film, si ce n’est sa représentation visuelle ultime. Et si le film ne brille pas par sa post-production hâtive, il peut au moins se vanter de ses chorégraphies calculées et ses batailles jouissives. D’autant plus qu’avec un film pareil, censé être là seulement pour faire ses personnages se taper dessus, il n’était pas obligatoire d’avoir une technique toujours bien réfléchie étant donné les attentes du public et, en ce point, Captain America : Civil War s’en sort avec les honneurs.

Henry Jackman, le compositeur du film, livre quant à lui un travail pas toujours appréciable à l’écoute seule mais qui prend un sens nouveau quand accouplé aux images et aux thèmes. Le thème créé pour le film évoque la fracture dans l’histoire, ce qui contribue grandement au ressenti, impliquant un schisme au sein des Avengers, vis-à-vis de l’histoire. Un travail pas forcément mémorable mais qui a le mérite de réellement fusionner avec l’histoire et lui donner encore plus de sens.

L’âme

Captain-America-Civil-War-Trailer-TeamCap-low-resLe sujet qui fâche : le scénario ! Là où l’on s’attendait à une confrontation tant idéologique que physique entre les héros, le scénario se perd trop rapidement dans sa mission imposée de donner une suite à Captain America : The Winter Soldier, aux films Avengers et la trilogie Iron Man. L’enjeu politique énoncé au début du film finit vite par être oublié pour donner une consistance passable à l’amitié entre Steve Rogers et son ami d’enfance, Bucky. Une amitié à peine sauvée des mauvaises interprétations par un bisou entre Cap et la nièce de Peggy Carter, Sharon. En ce sens, les motivations des personnages, même si bien gérée au vu du scénario fragile, laissent un arrière goût amère pour ce que l’on connait d’eux. Et même si dans son propos le film arrive à donner une logique aux événements, ça ne le sauve clairement pas de sombrer dans un quiproquo “trop” intime et sans saveur qui met de côté tout enjeux nous faisant croire à un réel conflit.

baron-zemo-179756Mais c’est sans compter ce bon vieux Zemo. Zemo qui? L’allemand qui traverse l’histoire comme un cafard dans le décor et dont les scènes n’ont un rapport avec le film que dans les 10 dernières minutes. Une adaptation du personnage trop libre qui semble avoir un plan aux incohérences traumatisantes mais qui toutefois apporte un peu d’originalité dans la construction d’une vengeance en bonne et due forme. Quel était l’intérêt d’ajouter un personnage tirant les ficelles quand on a un matériau aussi solide que des accords obligeant les Avengers à se plier à la volonté du gouvernement? Heureusement, son apport au conflit final est réellement appréciable dans le sens où la confrontation prend une tournure intime, ravageuse, et douloureuse pour les personnages, et c’est beau de voir ces “amis” se taper pour des raisons logiques. Enfin !

Le film n’est bien sûr par un ratage complet, malgré ses nombreux défauts qu’on accepte plus facilement pour d’autres, Civil War a le mérite de bien caractériser ses personnages et de leur donner ce qu’ils méritent de présence à l’écran. Contrairement à un Avengers avec un Joss Whedon qui se perdait dans sa palette de personnages, les Russos savent gérer leurs personnages et on le voit à l’écran. À défaut d’avoir une image altérée à travers leurs motivations, les personnages, et principalement Captain America et Iron Man, profitent d’un développement inhérent à l’histoire présentée.

Non en fait, il n’y a pas que ça

56d4dfc9cdfd2Le film se divise en trois parties inattendues, trois parties décousues qui pourraient tenir chacune dans son propre film tant la liaison entre elles est mal amenée et troublante pour le spectateur. La première, et la plus travaillée, fait intervenir les Avengers, leurs questionnements quant aux accords et l’arrivée d’un conflit imminent ainsi qu’un certain Black Panther profitant de l’arc narratif le plus soigné. Sans transition, les deux équipes cherchent des recrues pour se retrouver dans un aéroport, pourquoi? Meh, tapez-vous c’est tout, et faites en un déphasage total par rapport au film et son scénario. C’est donc la bataille ultime, une bataille qui restera dans les anales comme la meilleure scène de combat d’un film Marvel, qui se justifie même par une conclusion pour chaque personnage à sa fin.

Enfin, le dernier tiers du film se concentre entièrement sur les personnages principaux pour donner un aspect plus intimiste à l’histoire et achever de donner cette impression de tournis au spectateur. Il faut comprendre que chacun de ces trois actes est plutôt bien présenté, on croirait vraiment voir trois films différents avec chacun son ambiance, ses décors, ses enjeux et même ses personnages. C’est au final le montage, ou peut être le ciment qui les lie qui est mal dosé.

7782310888_spider-man-sera-present-dans-captain-america-civil-warLe cas Spider-Man se présente comme un ajout tardif à travers des incrustations au montage qui laissent une impression d’inachevé, tout comme le film. Néanmoins le personnage est introduit de la plus belle des manières à travers ses 15 minutes à l’écran, son background est posé tout comme ses capacités. Le personnage se permet même d’apporter une bonne dose de fun à l’image de son homologue insecte, Ant-Man. Ce dernier rencontre les Avengers après un film solo sans grande ambition et pour répondre à ça? L’Homme-Fourmi blague sans arrêt. Ce qui nous amène à l’humour du film qui est quasi-absent dans la première heure pour apparaître d’un seul coup durant 20 minutes puis disparaître à nouveau (La théorie des trois films, oui). Un humour dilué sur toute la durée du film aurait évité une overdose en si peu de temps, ce qui aurait par la même donné une identité stable au film.

Captain America : Civil War, en plus de se perdre dans son propos, n’apporte aucune conclusion intéressante à ses personnages. Au final, on se retrouve au point de départ avec une petite variation minime qui n’influe en rien le sort des Avengers de façon concrète. Le film finit donc de décevoir en ne prenant aucun risque contrairement à son prédécesseur qui avait le mérite d’apporter un réel changement. Ce qui démontre la peur des studios quant à leurs personnages impliquant forcément une certaine lassitude dans la vague super-héroïque du moment, “subir” ce film très similaire à un autre sorti il y a à peine un mois a de quoi fatiguer le public qui va vite commencer à chercher un minimum de renouveau.

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En définitif, Captain America : Civil War est loin d’être un mauvais film, son introduction de deux nouveaux héros est gérée de mains de maître, ses scènes d’action, ainsi que sa gestion des nombreux personnages à l’écran en font un excellent divertissement. C’est principalement l’inégalité créée par son scénario approximatif et variable, ses effets visuels de second degré et son inutilité en tant que film qui déçoit grandement.

Écrit par vinyculture

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